© M6 - Aurelia Blanc
Cela fait déjà quatre saisons que William Carnimolla lutte contre les complexes des femmes grâce à son émission Belle toute nue le lundi à 22h35 sur M6. Pour ce styliste passionné par son métier, l'important, c'est de s'assumer et de faire ce qui lui plaît, que ce soit avec des anonymes ou avec des célébrités.
Comment sélectionnez-vous les femmes qui vont participer à Belle toute nue ?
Le processus de recrutement des candidates est très long parce qu'il y a plein de demandes et j'essaie vraiment de les regarder toutes pour ne pas passer à côté de quelqu'un. Mais finalement, la candidate qui est parfaite pour l'émission, elle sort du lot assez rapidement. Il faut qu'elle ait un problème que je puisse gérer avec mon savoir-faire, il faut qu'il y ait une affinité, il faut que quelque chose se passe parce que je reste quand même une semaine avec elle et on est dans l'intimité, donc il faut qu'il y ait un feeling. Après, c'est superaléatoire sur plein de choses puisque, depuis le début de Belle toute nue, on essaye d'aborder des problèmes différents, de voir aussi avec des femmes différentes, on a fait aussi un homme, on essaie de trouver des âges différents. Donc, c'est au feeling en premier lieu et puis après, c'est aussi selon l'histoire, ce qu'elle a à raconter, son problème, si c'est important ou pas. Parce qu'il y a plein de gens qui veulent passer avec moi ou faire du relooking, donc même si c'est fun, ça n'a pas lieu d'être dans l'émission.
Comment parvenez-vous à convaincre les femmes qui participent à l'émission de poser nues ?
Il y a plusieurs choses qui font que cela fonctionne. La première, c'est que les candidates savent très bien qu'elles peuvent arrêter à tout moment, je ne suis pas là pour les obliger, je ne suis pas un donneur de leçons. On est là pour travailler ensemble, donc il y a une espèce de confiance qui s'instaure au début du travail que je fais avec elles et il y a une certaine communication, on parle beaucoup. C'est comme dans un couple : confiance et communication. Donc, à partir de là, quand on a confiance, on a moins peur d'avancer, la candidate peut me parler à tout moment, me dire si ça va ou si ça ne va pas, si elle a envie d'aller plus loin ou pas. Et puis, il y a aussi le fait que ce sont elles qui viennent vers moi, donc ça veut dire qu'elles sont à un point de leur vie où le problème est tellement important qu'elles savent qu'il faut que ça change. Ce n'est pas comme si moi j'allais les chercher donc il y a aussi cette partie de "je suis venu pour faire quelque chose, il faut que je le finisse."
Qu'est-ce que cela vous apporte, à vous, de faire cette émission ?
Dans les premières saisons, il y avait le fait que je pouvais faire mon métier avec des personnes que je n'aurais pas pu toucher ou avec des personnes qui n'auraient pas pu accéder à mon savoir-faire parce que je travaille dans un milieu particulier. Cela me faisait plaisir de travailler avec des gens qui étaient Monsieur ou Madame Tout-le-monde et de pouvoir aussi leur apprendre des choses. Et depuis la troisième saison, je me suis rendu compte que le message que je délivre dans Belle toute nue est important et je trouve que c'est bien de continuer à le dire. Je me dois de le faire, je me sens un peu comme un messager maintenant. Quand je vois une fille de 18 ans qui arrive dans la rue et qui me dit "monsieur j'aime bien ce que vous faites, c'est bien" je me dis que c'est génial, ça veut dire que quand elle aura quarante ans ou plus, qu'elle aura eu des enfants, qu'elle aura des problèmes de poids elle ne se prendra pas autant la tête que les trois quarts des Françaises qui se prennent la tête maintenant et peut-être qu'elle vivra beaucoup mieux.
Ce n'est pas trop compliqué d'allier le stylisme et les émissions de Belle toute nue ?
Ce n'est pas compliqué parce que mon métier reste le même que je le fasse dans un magazine, à la télé ou avec un créateur ou un artiste important. Maintenant, ça devient dur parce que je n'ai plus trop de temps pour moi ou pour faire le reste, donc c'est beaucoup de travail. C'est la moitié de l'année quand même Belle toute nue, cela prend du temps entre la préparation, le tournage et l'après. Avant, j'avais toute l'année pour faire les choses que je faisais à côté, maintenant, je n'ai plus que la moitié de l'année, donc c'est un emploi du temps différent, mais ce n'est pas plus compliqué, je fais toujours la même chose, ça me plaît toujours autant, donc c'est le principal.
Quels sont vos projets pour la suite ?
Je continue toujours à faire ce que je fais. J'ai travaillé avec Inna sur son dernier clip, c'est moi qui ai fait la direction artistique, je vais peut-être m'occuper d'Amel Bent, je vais peut-être aussi préparer un ouvrage de conseils, j'espère que l'on va refaire une saison de Belle toute nue et je travaille sur un projet de collection de sous-vêtements. Il y a toujours plein de choses de prévues, j'ai du mal à me contenir et à ne faire qu'une chose à la fois.
Propos recueillis par Lucile Pesquet (Plurimedia) pour le compte d'Orange.
dimanche 31 juillet
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