© France Television Charlotte Schousboe
Sans surprise, France 2 a choisi le spécialiste des têtes couronnées qu'est Stéphane Bern pour commenter le mariage du prince héritier William avec Kate Middleton, retransmis en direct le 29 avril prochain dès 9 h 15. Entretien avec un journaliste féru d'histoire.
Marie Drucker commentera la cérémonie à vos côtés ainsi que celle du mariage d'Albert II de Monaco et de Charlene Wittstock au mois de juillet. Êtes-vous satisfait de cette collaboration ?
Bien sûr ! Marie Drucker est une professionnelle et a l'habitude des grandes retransmissions en direct. Elle partage également ma passion pour l'histoire. Je suis ravi de le faire avec elle, ce sera à la fois sympathique et chaleureux !
Vous allez vivre cinq heures de direct le 29 avril. Comment va se dérouler la retransmission ?
Il y aura d'abord un portrait de William et de Kate et puis on va être sur le plateau avec des invités - Karl Lagerfeld, l'ambassadeur du Royaume-Uni, l'historien Philippe Delorme et d'autres personnalités. La deuxième partie concernera la retransmission de l'événement à proprement parler, jusqu'au baiser. On va essayer de coller le plus possible à l'image, d'être dans le récit de cette page d'histoire contemporaine. Et en même temps, comme on est sur le service public, nous essayerons d'avoir un regard décalé quand c'est possible.
Ce sera intense et fabuleux à vivre. Pour moi, c'est un peu comme la finale de la Coupe du monde pour un présentateur sportif : ça arrive tous les quatre ans ! Un mariage princier est une chose rare, donc on a envie de le vivre à fond et d'être le plus didactique possible. Avec Marie, nous tenons à décrypter les codes et les rituels propres à un mariage princier auxquels tout le monde n'a pas accès.
Pour la première fois, une femme issue d'un milieu populaire va être susceptible d'accéder à la couronne anglaise. Comment interprétez-vous cette évolution historique ?
C'est un point important. La middle class est arrivée aux plus hautes sphères politiques, mais c'est la première fois qu'elle entre dans la sphère symbolique de la monarchie elle-même. Ça permet de la moderniser en démocratisant les gènes de la royauté. Une famille se régénère de génération en génération et là, un prince épouse une fille de la middle class : il va y avoir un coup de frais sur cette institution millénaire.
L'engouement autour des préparatifs du mariage est immense au Royaume-Uni. David Cameron a même fait du 29 avril un jour férié. Comment expliquez-vous cet enthousiasme sans bornes de la part du peuple anglais ?
Je pense que l'actualité internationale est anxiogène et que les gens ont besoin de se projeter dans une actualité un peu plus heureuse. C'est en même temps le symbole de la continuité d'une famille, donc cela permet de résoudre l'équation de savoir qui demain va gouverner ou, en tout cas, incarner le pays. En France, nous ne savons même pas quels seront les candidats de la prochaine élection ! Le Royaume-Uni a pris de l'avance sur ce point. David Cameron a aussi fait ce choix parce que c'est une bonne affaire économique pour le pays : le mariage va permettre d'engranger quelque 600 à 700 millions d'euros !
Dans les médias britanniques, Elton John rapproche la personnalité de Kate Middleton à celle de Lady Di. Qu'en pensez-vous ?
Je trouve que c'est un peu rapide. Elles sont très différentes. Diana avait rencontré 13 fois seulement son fiancé avant de l'épouser. Kate et William vivent ensemble depuis huit ans ! Kate a 29 ans, dix ans de plus que l'âge qu'avait Diana à l'époque. Je vous assure que ce n'est pas une oie blanche et je pense qu'elle est mieux armée pour affronter les médias.
Propos recueillis par Bénédicte Bécret (Plurimedia) pour le compte d'Orange.
samedi 23 avril
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