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Lorànt Deutsch

Lorànt Deutsch
© Bernard Barbereau FTV
Lorànt Deutsch endosse le costume de Nicolas Fouquet, le surintendant des Finances sous Louis XIV, dans Le Roi, l'Écureuil et la Couleuvre, un téléfilm en deux parties diffusé les 5 et 6 mars sur France 3 à 20 h 35. Rencontre avec un passionné d'histoire qui se verrait bien confier seulement des rôles historiques.
Comment avez-vous eu envie d'incarner Nicolas Fouquet ?

Je l'ai découvert avec un livre de Paul Morand, Le Soleil offusqué, qui m'a fasciné car je me suis dit que c'était lui qui avait préfiguré le Grand Siècle. Le mécène qui a encouragé, cautionné, favorisé les artistes pour continuer dans ce génie à la française, c'est vraiment Fouquet. En revanche, vis-à-vis du roi, il était vraiment naïf. Louis XIV, plus personne ne voulait le financer, il était très gourmand, mais les prêteurs ne lui donnaient plus d'argent et la seule caution du roi, c'était Fouquet. Donc, il pensait que tant qu'il aurait ce rôle, il ne pourrait rien lui arriver, il ne courait aucun danger. Il avait aussi des soutiens dans le milieu de la justice, c'était un homme de réseaux. Surtout, il aimait son roi, il lui était fidèle. Fouquet était incorruptible.

Comment le rôle de Fouquet est-il arrivé jusqu'à vous ?

J'ai fait un film avec Nelly Kafsky, Le Triporteur de Belleville, plus gros succès de l'année de France 2, un carton, 8 millions de téléspectateurs. Elle m'a ensuite rappelé en me demandant si, en tant qu'amateur d'histoire, j'avais des idées, des personnages en tête. Et j'en avais trois qui m'attiraient : Cartouche, mais c'était déjà en projet, Fouquet et Godefroy de Bouillon mais l'an 1000 ne marche pas, ce n'est pas visuel, les gens ne connaissent pas. Alors que Fouquet, c'est Louis XIV, madame de Sévigné, le rapport avec les femmes et les salons et c'est surtout le Grand Siècle. C'est lors d'un déjeuner que nous avons construit l'histoire, en recherchant un antagonisme. Le réalisateur Laurent Heynemann et le scénariste Didier Decoin ont tout bien ciselé.

Quel est le point de départ de la jalousie de Colbert ?

Colbert est persuadé que Fouquet lui fait de l'ombre et surtout qu'il s'enrichit aux dépens du royaume, ce qui est faux. Il a une vision très "petite cheville ouvrière", alors que Fouquet mène une vie exaltée. Fouquet aimait les arts, il a encouragé les artistes, les auteurs, les acteurs, il n'était pas discret et toujours très aimé et entouré par les femmes. Il y a une phrase qui résume bien cela, elle est d'Henri Ier, roi d'Angleterre, en 1120 : "La politique, c'est des services rendus." Colbert, qui avait aussi un réseau, est entré en friction avec celui de Fouquet ; et il lui fallait donc faire de la place pour faire monter les siens, puis prendre sa position. C'est du clientélisme, c'est de la politique. Colbert n'était pas si intègre que ça.

Incarner des personnages historiques vous attire-t-il tout particulièrement ?

Il n'y a que ça qui me plaît maintenant, je veux voyager dans le temps et raconter des histoires à ma fille. J'essaie que l'on préserve et que l'on sauvegarde un patrimoine qui nous permettra d'avoir droit de cité à l'avenir. La France est un pays qui est malheureusement de moins en moins consulté, qui descend à l'échelle des nations. C'est normal, c'est le sens de l'histoire, place aux autres. Il y a une repolarisation du monde qui fait que l'on va devenir un peu outsider, mais notre acquis, c'est une grande histoire. Je pense qu'on est légataires d'un héritage. C'est le débat sur l'identité nationale. Tout le monde s'est fourvoyé à expliquer ce que c'est alors que c'est tout simple : notre langue et notre patrimoine. C'est essentiel pour avoir des leçons à donner à ceux qui arrivent, que ce soit nos enfants natifs d'ici ou nos futurs partenaires qui arrivent de l'étranger, car on attire le monde entier et tant mieux, il faut que cela continue. Je suis d'origine hongroise par mon père et je suis aussi très attaché à cette culture, même si je suis 100 % camembert saupoudré au paprika. La France a cette originalité incroyable, et ceux qui s'angoissent à cause du métissage, je ne les comprends pas, car c'est constitutif de ce que l'on est depuis toujours. La France est un melting-pot hallucinant qui tient debout, et c'est magique.

Après le succès du Métronome, travaillez-vous sur un nouveau livre ? Quels sont vos autres projets ?

Je prépare un livre sur l'histoire de France à travers ses axes de communication, les routes. Rousseau a évoqué le contrat social entre les hommes quand ils entrent en société et, en géographie, le contrat social se matérialise par le défrichage d'un terrain pour s'y installer et ne plus être nomade. C'est à ce moment-là que naît un pays, quand on est reliés par des axes. Je vais aussi retrouver Davy Sardou (le Roi-Soleil dans Le Roi, l'Ecureuil et la Couleuvre, NDLR) dans Le Songe d'une nuit d'été de Shakespeare. J'incarnerai Puck.

Propos recueillis par Emmanuelle Dreyfus (Plurimedia) pour le compte d'Orange.
vendredi 4 mars

Plurimédia, tous droits réservés

avis des internautes et mobinautes

2 avis

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Chrispel - 19 Mars 2011 @ 21:27
Lotant Deutc : Le roi, l'écureuil et la couleuvre

J'ai trouvé ce téléfilm remarquable, ainsi que le jeu de cet acteur. L'article est intéressant car il permet de mieux le connaître. Il a réellement un grand talent.

samjolie - 12 Mars 2011 @ 13:36
je ne sais pas

c la samjolie

 
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