© France Televisions Jacques Morell
Pour la 25e Nuit des Molières, le 17 avril à 20 h 35, France 2 a décidé d'ouvrir, comme l'année dernière, la cérémonie sur une pièce de théâtre. Zabou Breitman et Léa Drucker succèdent ainsi à Patrick Chesnais et à Emmanuelle Devos dans Jeux de scène de Victor Haïm. A quelques jours du direct, Léa Drucker raconte sa passion.
Comment êtes-vous arrivée dans cette aventure ?
Avec Zabou, nous avons déjà travaillé ensemble. Elle m'a dirigé dans le film L'Homme de sa vie et au théâtre dans Blanc aux côtés d'Isabelle Carré. Je la connais donc en tant que metteuse en scène, mais c'est la première fois que l'on se donne la réplique. C'est d'ailleurs très excitant. J'ai une grande confiance en elle, je connais sons sens de l'humour, sa fantaisie, sa folie, et elle m'a contactée pour me dire qu'elle avait quelque chose à me faire lire de très très drôle. A l'origine, c'est Pierre Lescure, président des Molières cette année, qui lui a fait découvrir cette pièce de Victor Haïm. Ce qui est amusant, c'est que c'est moi qui joue la metteuse en scène et Zabou, l'actrice. Jeux de scène fait se rencontrer une actrice de boulevard adulée et une metteuse en scène intellectuelle très compliquée, deux mondes qui se croisent.
Ce n'est pas évident le théâtre filmé. Comment se prépare-t-on à ne jouer qu'une seule fois devant des millions de téléspectateurs ?
Cela devient abstrait, je ne me rends pas bien compte du nombre de spectateurs, je n'y pense pas... J'ai déjà fait des pièces qui ont été filmées, mais là, c'est une première. On travaille exactement comme si on allait jouer la pièce dans un théâtre quelques mois. On fait confiance à la pièce, on se soutient et ensuite... Il y a quelque chose d'imprévisible qui se fera de toute façon en direct. Sinon, Zabou a fait l'adaptation de la pièce qui été coupée, afin qu'elle dure 45-50 minutes maximum. On serait évidemment ravies de la reprendre ensuite dans un théâtre, mais pour l'instant il n'en n'est pas question. C'est sûr que l'on sera très frustrées de ne l'avoir jouée qu'une fois ; les personnages vont nous manquer, car on les aime et ils nous font beaucoup rire.
Introduire la cérémonie des Molières par une pièce, est-ce une façon de donner plus envie de regarder la remise des prix ?
En tout cas, cela a fonctionné l'année dernière, les gens étaient devant leur poste. Je me rappelle avoir découvert le théâtre à la télé, j'étais dingue d'Au théâtre ce soir. J'aime l'idée que le théâtre s'invite chez les gens. Je suis une passionnée de théâtre, donc je vais voir plein de choses mais ce n'est pas le cas de la majorité des personnes et puis ce n'est pas accessible financièrement, alors que grâce à la télé, cela devient abordable pour tout le monde.
Avez-vous des favoris dans la course aux Molières ?
J'ai eu un grand coup de foudre pour une jeune fille que j'ai vue dans Les Trois Soeurs d'Alain Françon à la Comédie-Française. Il s'agit de Georgia Scalliet, nommée dans la catégorie jeune talent féminin. Je n'ai pas vu tous les spectacles mais j'ai beaucoup aimé Christian Hecq dans Un fil à la patte de Jérôme Deschamps.
Après cette expérience théâtrale télévisuelle, quand allons-nous vous retrouver sur scène ou au cinéma ?
J'ai joué dans un téléfilm de Marcel Bluwal, Jeanne Devère, avec Bernard Pierre-Donnadieu, Jean-Yves Berteloot, qui sera diffusé à la rentrée sur France 3. L'action se passe à Paris pendant la Seconde Guerre mondiale. Je vais tourner un premier film avec Vanessa Paradis qui s'appelle Je me suis fait tout petit de Cécilia Rouaud. J'ai tourné dans La Vérité si je mens 3 qui va sortir en février 2012, je suis la nouvelle recrue féminine. J'ai été enchantée, car j'ai quasiment toute mes scènes avec Abitbol (Gilbert Melki) que j'adore.
Plus prochainement je vais être sur les planches, de mai à juillet je vais jouer au Théâtre de l'Atelier à Paris avec Gilles Cohen dans une pièce qui s'appelle Mer de Tino Caspanello, un auteur contemporain sicilien, avec une mise en scène de Jean-Louis Benoît. C'est une scène d'amour entre deux personnages qui ont du mal à exprimer leurs émotions, ce sont des êtres tout en retenue.
Propos recueillis par Emmanuelle Dreyfus (Plurimedia) pour le compte d'Orange
dimanche 10 avril
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