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Katia Barillot

Katia Barillot
© France Television - Eric Vernazobres
Curieuse et enjouée, la journaliste guadeloupéenne Katia Barillot revient sur les thèmes qui ont fait l'actualité entre l'été 2010 et l'été 2011 à travers Une année pas comme les autres, qu'elle présente le dimanche à 14h10 jusqu'au 21 août sur France 2. Retour sur son parcours et ses envies.
Cet été, vous présentez l'émission de divertissement Une année pas comme les autres. Quel est son concept et votre rôle ?

Il s'agit d'une rétrospective de l'actualité, de l'été 2010 à l'été 2011, via ses moments forts, à travers un angle people. On va par exemple traiter de l'affaire Bettencourt sans parler des problèmes politico-financiers qui ont été relevés ; on se demande qui est vraiment Liliane Bettencourt, comment elle vit, comment sa relation avec sa fille a pu basculer dans un pareil cauchemar. On parlera aussi de Tiger Woods, du nouveau burlesque, de Picasso, etc. L'idée est toujours de partir d'un personnage. Il y a quatre épisodes, donc quatre saisons. Pour l'instant, c'est une émission d'été, nous espérons qu'elle pourra perdurer. En ce qui concerne mon rôle, je suis journaliste donc on a discuté des sujets, des reportages, mais France 2 étant une grande chaîne, il n'y a pas eu dans l'émission le côté artisanal qu'on peut trouver dans des programmes de petites chaînes où l'animateur participe par exemple au montage. On forme une équipe, mon but est de mettre en valeur le travail des autres, je dois surtout donner aux gens l'envie de regarder l'émission.

Journaliste, programmatrice, animatrice, chroniqueuse... Vous avez collectionné les casquettes et les thématiques. La diversité, est-ce un moteur chez vous ?

Oui, vous êtes la première à me le dire et à l'observer. Quand on est quelqu'un de moderne, on s'intéresse à plein de choses, on voit plus loin que son quartier, on est curieux. Je m'intéresse par exemple à la mode, pas seulement parce que j'aime porter des vêtements et en acheter, mais parce qu'il y a toute une économie, un savoir-faire derrière... Dans notre monde actuel, il faut savoir s'adapter, se tenir informés ; je lis des magazines, je lis le dernier roman sorti, j'aime toujours être nourrie par quelque chose. Les journalistes ne sont pas plus intelligents que les autres mais ils sont là pour donner envie.

Avez-vous toujours voulu être journaliste ?

Je crois que cela s'est fait par hasard, mais j'ai toujours été très curieuse. Je me rappelle, enfant je voulais absolument passer dans la bibliothèque des adultes, alors je prenais des livres qui n'étaient pas de mon âge. A bien y réfléchir, j'ai un peu tort en disant que je voulais être journaliste car en réalité, je voulais enseigner. Parler aux autres m'a toujours intéressée.

Vous avez travaillé au sein du ministère des Affaires étrangères en 2003. Qu'y faisiez-vous ?

J'étais conseillère technique chargée de la communication au ministère des Affaires étrangères, auprès du ministre de la Coopération et de la Francophonie. Mon rôle n'était pas du tout politique, il faut le préciser, même si j'ai des idées politiques et que ce milieu m'intéresse. C'était un exercice génial car j'adore connaître le monde qui nous gouverne. Le fonctionnement de la république m'intéressait, et c'est la république qui a apporté la liberté aux Antilles. Je suis arrivée à ce poste un peu par hasard, je ne suis pas quelqu'un de carriériste. J'ai été repérée, il y avait deux autres personnes en lice, et après un examen, j'ai finalement été recrutée. Pendant deux ans, j'ai travaillé dans une administration à un haut niveau, à représenter la France, être au garde-à-vous du matin jusqu'à 23 h, à voyager et j'ai diffusé la bonne parole républicaine (rires). Mais mon métier, c'est avant tout d'être journaliste, j'étais ensuite contente de renouer avec la télévision.

Avez-vous subi des discriminations, des rapports de force difficiles du fait de votre couleur de peau dans votre entourage professionnel ?

Le monde du travail est de plus en plus violent. Les discriminations existent, d'abord parce que je suis une femme. Ensuite, en ce qui concerne les discriminations raciales, c'est difficile à vous expliquer, car ce genre d'attitudes n'est pas tellement assumé en général, et parfois elles ne sont même pas conscientes. La discrimination existe dans tellement de domaines... De temps en temps je vois des idées, des situations qui ne me semblent pas toujours correctes, mais comment savoir ? Nombre de nouveaux journalistes issus de la diversité recrutés dernièrement par France Télévisions n'étaient pas en train de traîner dans la rue ou dans des boîtes de nuit auparavant. Ils sont journalistes et font ce métier depuis un certain nombre d'années. Aujourd'hui, les choses avancent, les minorités sont davantage visibles à l'écran.

Propos recueillis par Emeline Marceau (Plurimedia) pour le compte d'Orange.
lundi 8 août

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