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Jérémie Covillault

Jérémie Covillault
© Nelka Films France 2 David Koskas
France 2 propose sa saga de la rentrée, La Maison des Rocheville, une épopée familiale qui se déroule entre 1893 et mai 1968, et suit le destin de trois générations en cinq épisodes. Jérémie Covillault donne vie au personnage de Fabio Cavalli. Il nous en dit un peu plus sur l'aventure.
Comment vous êtes-vous retrouvé sur ce projet ?

La véritable histoire, c'est que tout s'est joué au mariage d'un vieux copain, Lorant Deutsch. J'y ai recroisé Jacques Otmezguine, le réalisateur des films, et même s'il ne me l'a pas dit tout de suite, il a immédiatement vu en moi Fabio Cavalli. Il m'a rappelé quelques jours après pour me présenter la saga. Tout m'a séduit dans ce projet : à la fois Jacques, Nelly Kafsky, la productrice, que je connaissais déjà pour avoir antérieurement travaillé avec Nelka Films, et le reste du casting. J'ai dévoré les cinq scénarios en un après-midi, j'étais totalement conquis. C'était pour moi une occasion géniale, une "petite histoire" dans l'histoire, fédératrice et familiale. Comme je suis un passionné d'histoire, je n'ai pas été dur à convaincre.

Votre personnage, Fabio Cavalli, est un des deux personnages centraux de la saga aux côtés de Victor de Rocheville, campé par Alexandre Brasseur. Avez-vous eu du mal à le faire évoluer sur toute la durée de la saga, qui se déroule entre 1893 et 1968 ?

Mon personnage vieillit, je l'accompagne sur plusieurs générations. C'est la première fois que je joue dans une saga, et donc que je dois faire exister un personnage sur une aussi longue durée, ce qui est à la fois un défi et un vrai cadeau. Mon personnage évolue énormément : disons que la vie n'est pas tendre avec Fabio, il reste droit, mais son caractère se durcit avec le temps. La période de la saga que j'ai préféré tourner c'est celle de la Seconde Guerre mondiale. J'entre dans la Résistance, et Fabio est déjà mûr, il a environ 45 ans, un âge entre deux, il est vieillissant, riche à interpréter. On le suit jusqu'au dernier épisode, en 1968, où il a 74 ans.

Comment avez-vous préparé votre rôle ? Avez-vous lu la trilogie de Yann de l'Ecotais dont La Maison de Rocheville s'est inspirée ?

Je n'ai pas lu les romans de Yann de l'Ecotais, j'ai préféré ne pas m'embrouiller l'esprit. De toute façon, la saga n'est pas une adaptation, elle est très librement inspirée. Je préfère coller purement au scénario. Avec Jacques Otmezguine, nous avons eu quelques réunions avant le tournage, pour apprendre à nous connaître et à préparer nos rôles. J'avais une totale confiance en lui. J'ai également vu beaucoup de films qui s'inspirent de cette époque comme 1900 de Bertolucci, sur la montée du fascisme en Italie, un film avec lequel La Maison de Rocheville a beaucoup de similitudes.

Avec l'histoire de trois générations à raconter, le tournage n'a-t-il pas été trop compliqué à gérer ?

Le tournage s'est étalé sur cinq mois dans la région bordelaise. Il s'est organisé en fonction de l'évolution des décors. On tentait également de respecter un ordre chronologique, en évitant de passer d'une scène qui se déroule à la fin du XIXe siècle à une scène des années 1960. C'était plus confortable pour tout le monde. Il fallait être très précis, faire le même film du début à la fin, donc nous avions tout le temps nos cinq scénarios reliés sous le bras, pour être toujours raccords. Heureusement, Jacques est un guide plus qu'autre chose. Il est toujours sur la brèche et il ne laissait jamais l'habitude s'installer. Certains soirs il m'appelait à 23 h pour me dire : "On change tout, j'ai réécrit ta scène pour demain", et j'arrivais sur le tournage, j'apprenais mon texte et tout fonctionnait. Il impose une vraie dynamique de travail.

Plus jeune vous avez été assistant réalisateur sur les deux premiers courts métrages de Guillaume Canet. Cela vous tente de passer derrière la caméra ?

Cela finira fatalement par arriver. J'ai écris deux longs métrages et une série. La réalisation m'intéresse aussi parce qu'elle permet de se confier à soi-même les rôles dont nous avons envie, et de travailler avec qui on veut. On ne travaille jamais aussi bien qu'avec ses amis... Cela viendra naturellement quand j'aurai vraiment quelque chose à raconter, c'est inévitable. Pour le moment, ma priorité est de jouer, la réalisation c'est plus pour le "fun". Je serai plus à l'aise avec la mise en scène au théâtre pour commencer, d'ailleurs, cela pourrait arriver plus tôt qu'on ne le croit...

Propos recueillis par Gladys Peltier (Plurimedia) pour le compte d'Orange.
dimanche 26 septembre

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