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Jean-Marc Barr

Jean-Marc Barr
© Gilles Scarella- France 2
La Vouivre n'a pas encore révélé tous ses secrets mais Jean-Marc Barr, alias Paul Pratt le journaliste taiseux, n'est pas avare en révélations. Le dénouement du polar rural Le Repaire de la vouivre est attendu avec impatience le 29 juin sur France 2 à partir de 20 h 35.
Vous êtes peu présent à la télévision, qu'est-ce qui vous a attiré dans cette aventure ?

Ce sont souvent des metteurs en scène qui m'attirent et des rencontres. Avec Edwin Baily, on est de la même génération et on s'est découvert les mêmes envies. Lui avait déjà une expérience télé alors que moi, je n'en ai pas fait beaucoup. Tout comme lui, je suis intéressé par l'évolution des séries télé aux Etats-Unis, des productions HBO et Showtime qui abordent des thèmes audacieux, parfois même plus qu'au cinéma. Les pistes se brouillent de plus en plus entre le cinéma et la télé, surtout pour les acteurs. J'éprouvais l'envie d'aller essayer ce domaine qui est un peu différent. La Vouivre, c'est un projet de film de trois mois tourné en deux mois donc cela demande un engagement total durant peu de temps et peu de prises, deux ou trois max. Je trouve cela intéressant par rapport à la manière dont je réalise mes films. American Translation a été tourné en trois semaines avec un budget de 200 000 euros. Nous avons un peu les mêmes contraintes... Edwin a envie de faire de bonnes fictions télévisuelles. Quand la France aura-t-elle ses propres Weeds ? Pourquoi n'avons-nous pas le courage de montrer cette réalité ?

Êtes-vous comme Paul Pratt, prêt à sacrifier votre famille pour votre métier ?

Je n'ai pas de vie privée ! Le destin a fait que je n'ai pas d'enfants même si j'ai connu l'amour. On est moins disponible pour l'aventure que peut être un film si on ne le met pas en avant. Cela demande un engagement total. Je ne dis pas que c'est tout le temps le cas, tu peux aussi choisir de faire du cinéma industriel. Je viens de finir mon premier film américain dans lequel je joue Jack Kerouac et où le budget alloué aux voitures d'époque étaient plus important que la paie des acteurs, mais avec l'équipe il y avait une telle euphorie, ce sont des moments rares, qui deviennent une drogue. C'est comme lorsqu'on est grand reporter, il y a toujours l'appel du prochain reportage. J'ai pu goûter à cette excitation très jeune avec Le Grand Bleu, j'ai tourné en Égypte, Argentine, Asie, Afrique, j'ai pu voir le monde et c'est dur de faire cela tout en espérant que les autres t'attendent où tu n'es pas ; donc je comprends cette frustration chez Paul Pratt. Dès que l'obsession devient totale, il n'est même pas question d'enfants. On est des énormes égoïstes et c'est pour cela que personne ne peut rester avec nous, l'autre souffre trop.

Edwin Baily c'est une vraie rencontre, avez-vous tourné d'autres projets depuis lors ?

Oui, on a retravaillé ensemble avec Bruno Solo sur un projet d'adaptation de romans policiers de Graham Hurley. Dans les livres, l'action se situe à Portsmouth mais Edwin l'a déplacée au Havre. Il sait qu'avec moi quelles que soient les conditions le job peut être fait. C'est le meilleur compliment que l'on puisse me faire. Au moins on m'apprécie pour mon travail et je l'aime ce travail. Cette série va continuer pendant deux ans encore, nous avons tourné deux épisodes. J'ai le rôle du détective intègre et Bruno Solo, celui du moins intègre. Une chose en amenant une autre, Bruno a coproduit mon prochain film, Chronique sexuelle pour une famille d'aujourd'hui, qui devrait sortir d'ici à la fin de l'année.

Les rôles sombres vous attirent-ils plus que les comédies ?

C'est ce qui se présente. J'ai fait une comédie, Being Light, que j'ai coréalisée avec Pascal Arnold. J'ai envie d'en faire d'autres mais ce que l'on me propose ne correspond pas du tout à ma culture. J'aime Lubitsch, Billy Wilder... Paradoxalement, je préfère la comédie car je pense que je suis plus apte à la jouer que la tragédie. La première fois qu'on m'a vu c'était en Jacques Mayol, j'ai donc commencé comme un autiste...

Jouer dans un film culte pour toute une génération cela dessert-il ?

Cela dépend comment on le prend. Si j'avais pris au sérieux le succès du Grand Bleu ne serait-ce qu'une minute, ma carrière aurait été finie. De ne pas le prendre du tout au sérieux m'a permis de regarder droit devant moi, de me rendre compte que j'étais un acteur très "vert" qui avait la possibilité de devenir un acteur grâce à ses choix. Au lieu d'agir comme on l'aurait attendu, d'aller à Hollywood ou de faire des films grand public français, je suis allé chez Lars Von Trier et ensuite cela m'a permis de prendre la caméra avec le Dogme. Après trente ans en Europe, je vais retourner aux Etats-Unis pour faire du cinéma. On est dans un moment où notre vulnérabilité est totale, l'arrogance suprême de notre empire s'effondre et là peut-être que les USA créativement parlant vont recommencer à être intéressants.

Propos recueillis par Emmanuelle Deyfus (Plurimedia) pour le compte d'Orange.
dimanche 26 juin

Plurimédia, tous droits réservés

avis des internautes et mobinautes

3 avis

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jakou - 30 Juin 2011 @ 10:57
Les jolis contes

bravo Mr Barr pour votre interprétation dans ce film vous avez eu dans les mains un tres beau livre les CONTES DE LA VOUIVRE de qu'elle époque est il , son auteur si vous le savez pouvez vous me le faire parvenir par mail ja.kou@hotmail.fr par avance merci

lola - 29 Juin 2011 @ 20:46
bravo!

Bravo Mr Barr.Retournez aux USA.Je vous envie.La-bas c'est autre chose,les gens sont chaleureux et la vie aux USA est plus interessante pour tout.Je connais mais hélas,ma famille est en France.Sans cela je resterais la-bas.Bonne chance à vous.

 
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