© Luis de Barros
Après le succès de La Femme du boulanger avec Michel Galabru, France 2 poursuit la diffusion en direct de pièces de théâtre. Dix ans après sa création, Alain Sachs met à nouveau en scène Madame Sans Gêne avec toujours dans le rôle-titre Clémentine Célarié. Rendez-vous le 14 juin à 20 h 35 pour un grand moment de théâtre.
Quand Alain Sachs vous a contacté pour reprendre le rôle de Catherine Hubscher avez-vous hésité ?
Pas une seconde. Alain m'avait déjà fait part de son désir de reprendre la pièce avant l'opportunité offerte par France 2. Ce rôle, je l'aime tout particulièrement car il exprime une humanité, une vérité et le refus de l'hypocrisie et je me reconnais très profondément là-dedans et encore plus aujourd'hui. C'est compliqué d'être naturel et donc c'est d'autant plus formidable pour moi de revivre ce rôle car je trouve que c'est quelque chose à défendre d'être comme on est face à des personnes de tel ou tel rang. Quand vous êtes naturel et sans calcul, cela peut se retourner contre vous car les gens qui ne le sont pas interprètent mal les choses. Cela m'est beaucoup arrivé. J'avais donc très envie de me remettre dans la peau de cette femme qui aurait pu être de toutes les cultures et de toutes les origines. A notre époque, elle aurait sans doute adopté des enfants, accueilli des sans-papiers, c'est une militante de l'humanité.
Le reste de l'équipe vous-a-t-il suivi ?
Nous sommes tous liés par cette pièce... sinon, nous n'aurions pas retrouvé la majorité des comédiens. Il y a une immense joie dans le fait de nous revoir autour de ce spectacle dans cet endroit où l'on a vécu ensemble : c'est très précieux pour moi. Ceux qui ne pouvaient pas nous rejoindre ont cédé leurs rôles à des acteurs que l'on aime et dont on respecte le travail, comme Pierre Cassignard, Jean-Pierre Michaël, Dominique Pinon et Laurence Colussi. Je voudrais au passage remercier Daniel Darès qui dirigeait à l'époque le théâtre Antoine et qui nous a quittés récemment. Au départ, nous avions été un peu boudés. Puis les gens sont venus. Nous avons joué longtemps, fait une tournée, prolongé celle-ci, car c'était notre souhait. Je suis vraiment très heureuse de retrouver Alain et le reste de l'équipe dans cette opération qui est pour moi un véritable événement.
Quelles sont les contraintes lorsqu'on est filmé ? Avez-vous plus de trac ?
Pour moi c'est comme si je jouais devant un immense théâtre, mais rien ne change, mis à part que cela va m'exciter encore plus. Cependant, on répète avec la conscience de la caméra, pour ensuite l'oublier. La mise en scène d'Alain Sachs tient compte de la télévision : il va falloir que nous digérions tous ces éléments nouveaux, que nous les intégrions dans notre jeu pour que, très vite, ils deviennent naturels. Je voudrais dire que je trouve vraiment chouette que la télévision se mette au service du théâtre avec un tel respect ; tout cela pour donner envie au public d'aller vers le théâtre. Ce qui va être fait n'est pas du théâtre filmé, c'est une vraie création, une adaptation.
Quels sont les autres rôles féminins que vous aimeriez interpréter ?
Il y en a tellement. J'irai sûrement un jour vers des tragédies, j'aimerais aussi jouer des rôles un peu masculins. Je suis très gourmande et impatiente. Alain m'a proposé beaucoup de choses et nous avons d'ailleurs un projet qui vient de se concrétiser. Il s'agit de Calamity Jane de Jean-Noël Fenwick, qui débutera en janvier 2012 au Théâtre de Paris. Yvan Le Bolloc'h sera également de la partie. Quand je parlais de rôle masculin, je pensais à cette femme, qui s'est battue pour sa liberté dans un milieu d'hommes.
Avez-vous d'autres projets ? La reprise de Family Groove ?
Justement, en même temps que les répétitions de Madame Sans Gêne, je répète aussi Groo2ve, que nous allons jouer à Avignon au Théâtre du chien qui fume à partir du 8 juillet. C'est une nouvelle formation dans laquelle nous sommes cinq, avec deux de mes fils, Abraham Diallo et Balthazar Reichert - le troisième, en Angleterre pour ses études, n'a pas pu nous rejoindre - Sidney, de H.I.P. H.O.P., qui est à la basse, et Cool Jam, au clavier. Deux générations se rencontrent et c'est absolument génial. C'est un vrai show musical funky avec des costumes délirants. Ensuite, le spectacle sera repris à Paris sans doute dans un lieu musical et une tournée est prévue l'été prochain. C'est un projet très important pour moi. J'aimerais aussi réaliser mon long-métrage mais je m'y pencherai à la rentrée, j'ai écrit deux scénarios, il faut que j'en choisisse un. Et sinon, j'ai aussi l'envie de faire une lecture de Maupassant, avec un ami qui est atteint de la maladie de Charcot. Comme il ne peut pas être debout mais qu'il peut lire et que c'est un excellent comédien, on aimerait faire ça ensemble.
Propos recueillis par Emmanuelle Dreyfus (Plurimedia) pour le compte d'Orange.
dimanche 12 juin
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