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Un flic, d'après un scénario d'Hugues Pagan (ancien policier), fait son retour sur France 2 le vendredi. Alex Descas, plus bavard que le personnage du commissaire Schneider qu'il joue dans la série, revient sur cette expérience.
Vous avez d'abord refusé le rôle de Schneider. Pourquoi avoir finalement accepté après le départ anticipé de Gaëtan Kondzot ?
Effectivement, j'ai refusé à l'époque, car j'ai eu peur assez bêtement de m'enfermer dans le format d'une série. Avec le recul, il est évident que c'était une crainte infondée. Malgré mon refus initial, la production m'a proposé de reprendre le rôle de Schneider, il y a trois ans. Je venais de terminer le tournage du film de Claire Denis 35 rhums, et quelque chose avait bougé dans ma tête. Je n'avais plus d'appréhensions et j'ai finalement dit oui, ce que je ne regrette absolument pas. C'est finalement du plaisir plus qu'autre chose, surtout grâce à Patrick Dewolf, le metteur en scène avec qui je travaille étroitement.
Comment avez-vous fait pour étudier ce personnage dont le passé et la vie personnelle restent assez mystérieux ?
Cela s'est fait très naturellement en discutant avec Hugues Pagan et notre metteur en scène à propos de nos objectifs à atteindre. Comment pouvions-nous appréhender le personnage de Schneider ? Assez simplement au final, puisqu'il y avait eu un réel exercice d'écriture en amont de la part des scénaristes. Je pense qu'à partir de ce travail fourni, il n'est pas si difficile que ça pour un comédien, moi-même ou un autre qui aurait eu à interpréter le personnage de Schneider, de l'incarner. La preuve : Gaëtan Kondzot m'a précédé à cet exercice et cela ne m'a pas du tout troublé pour reprendre le rôle, car nous n'avons ni le même jeu, ni la même histoire, ni le même regard.
Vous reconnaissez-vous en Schneider ? Avez-vous personnellement ce côté secret, assez laconique ?
Oui, clairement. Je pense d'ailleurs qu'on finit toujours par donner aux personnages un peu de soi-même. Le fait que Pagan ait choisi un personnage assez laconique, qui intériorise beaucoup, et qui dégage une autorité naturelle, me plaît. Je peux facilement reconnaître certaines de ces caractéristiques en moi, car je pense que nous n'avons pas forcément besoin de beaucoup parler pour exprimer une émotion, pour faire passer un message, au contraire... Souvent, le silence a plus d'impact qu'une longue tirade. Cependant, vous verrez que Schneider évolue dans ces nouveaux épisodes. Quand on se sent aussi à l'aise au sein d'une équipe que moi, on se lâche un peu, on a envie de prendre un autre virage. D'où le fait qu'il ne soit plus aussi grave et fermé qu'il ne l'était. Nous avons essayé de trouver une autre possibilité en douceur, en faisant attention à ce qu'il garde son essence.
Vous vous êtes longtemps essayé au théâtre, quel travail d'interprétation préférez-vous ?
Je ne compare pas le travail sur les planches à celui qu'on fait face à la caméra, c'est à la fois différent et complémentaire. Je pense qu'un comédien a besoin des deux approches pour s'épanouir. J'ai besoin d'être au théâtre régulièrement, bien qu'à l'heure actuelle cela fasse un peu plus de quatre ans que je n'y ai pas joué ─ et c'est regrettable ─ pour la simple et bonne raison que je n'ai pas eu de propositions intéressantes. Le cinéma est un art différé alors qu'au théâtre la sanction est immédiate : vous jouez tous les soirs devant un public, si vous vous plantez, la réaction est là. Au cinéma, on peut probablement tricher plus, s'améliorer, c'est finalement une sécurité.
Vous avez tourné dans six longs métrages de Claire Denis. Avez-vous de nouveaux projets avec elle ?
Oui, je crois. Il y a quelques jours, je discutais avec un ami comédien et metteur en scène, et il m'a appris que j'aurais probablement un nouveau personnage à défendre dans un film de Claire. J'étais le premier étonné bien qu'elle m'en ait parlé déjà il y a un moment ; je suis toujours flatté que Claire m'intègre à ses projets. Elle ne m'en a pas dit plus, elle me fait toujours lire le scénario quand tout est prêt, elle n'en discute pas au préalable avec moi, même si nous sommes très proches. C'est une relation forte à la fois amicalement et professionnellement. On chemine ensemble depuis 1989, depuis le tournage de S'en fout la mort. J'accepterai certainement sa proposition, car j'ai une confiance absolue en Claire Denis.
Propos recueillis par Gladys Peltier (Plurimedia) pour le compte d'Orange.
dimanche 3 octobre
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